Diagnostiquer la SEP

Comment savoir si j’ai la SEP?

La SEP peut se manifester de différentes façons et personne ne sait exactement quels symptômes se présenteront et combien de temps ils persisteront. Avant de comprendre les outils et les approches que les professionnels de la santé utilisent pour poser un diagnostic, il est important de reconnaître les symptômes de la SEP et d’en comprendre les répercussions.

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La SEP est à l’origine d’une grande variété de symptômes

Les signes et les symptômes de la SEP varient selon les régions du système nerveux central (SNC) qui sont touchées.

Certains des premiers symptômes sont souvent si légers ou vagues qu’ils sont difficiles à reconnaître, même pour le médecin. Toutefois, dans certaines situations, ils peuvent être plus intenses et plus soudains.

La chaleur et la fatigue peuvent exacerber les symptômes de la SEP.

Types de symptômes

Certains des symptômes les plus courants de la SEP sont énumérés ci-dessous.

Les poussées et les rémissions

La plupart des personnes atteintes de SEP présentent des poussées.

Dans la SEP, l’apparition de nouveaux symptômes ou l’aggravation de symptômes existants s’appelle une poussée (parfois appelée rechute ou exacerbation). L’intensité des poussées varie, allant de très légère à suffisamment grave pour perturber la vie quotidienne. La manifestation des poussées varie énormément elle aussi.

Pour qu’un épisode soit qualifié de poussée :

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Il doit durer au moins 24 heures

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Il doit survenir au moins 30 jours après l’exacerbation précédente

Avisez le médecin si vos symptômes s’aggravent ou si de nouveaux symptômes apparaissent.


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Faits et détails concernant les poussées

Les poussées peuvent durer plusieurs jours, quelques semaines ou quelques mois.

Une diminution de la sévérité des symptômes ou la disparition temporaire des symptômes est appelée une rémission.

Certaines poussées causent un seul symptôme, alors que d’autres entraînent deux symptômes ou plus en même temps.

Une pseudo-poussée est une augmentation passagère des symptômes de la SEP due à des stresseurs externes, tels que la grippe, qui cesse peu après la disparition des stresseurs.

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Évaluer les répercussions de la SEP sur la mobilité

Le terme « mobilité » revêt une signification différente d’une personne à l’autre.

Pour certaines personnes, cela signifie être capable de courir de longues distances ou de faire des randonnées, tandis que pour d’autres cela veut dire être capable de marcher et d’exécuter ses activités quotidiennes comme par le passé. Quelle que soit votre définition de la mobilité, la capacité de se rendre du point A au point B est importante pour tout le monde.

Les principaux outils pour évaluer la mobilité fonctionnelle sont le test de marche chronométrée sur 8 mètres, le test Timed Up and Go ou TUG (test « se lever et marcher » avec chronométrage) et le test à chevilles et 9 trous (9-Hole Peg Test ou 9-HPT).

TEST DE MARCHE CHRONOMÉTRÉE SUR 8 MÈTRES

Le test de marche chronométrée sur 8 mètres sert à mesurer la capacité de marcher des personnes atteintes de SEP.

  1. On demande au patient de marcher sur une distance de 8 mètres de manière rapide et sécuritaire le long d’un parcours clairement tracé.
  2. Le temps est mesuré (à l’aide d’un chronomètre) à partir du moment où on a dit de commencer jusqu’au moment où le patient atteint la ligne d’arrivée.
  3. On demande ensuite au patient de recommencer immédiatement en parcourant la même distance pour retourner au point de départ.
 
 

TEST TUG (TIMED UP AND GO)

Le but du test TUG (test « se lever et marcher ») est de reconnaître les patients à risque de chute. Il permet aussi de dépister les problèmes d’équilibre ou de la démarche.

On observe le patient alors qu’il  :

  1. se lève de la position assise sans l’aide de ses bras;
  2. marche sur une distance de 3 mètres, fait demi-tour et revient à la chaise;
  3. se rassoit sans l’aide de ses bras.
Il faudra une évaluation plus poussée si le patient parvient difficilement à effectuer ce test en moins de 10 secondes ou si sa démarche est instable.

Dans l’évaluation complémentaire, on demande au patient de :
  1. se lever à partir de la position assise sans l’aide de ses bras;
  2. fermer les yeux pendant quelques secondes tout en restant debout et immobile;
  3. rester debout les yeux fermés pendant qu’une personne exerce une légère pression sur son sternum;
  4. marcher sur une courte distance puis de s’arrêter complètement;
  5. faire demi-tour et de retourner à la chaise;
  6. s’asseoir sans utiliser ses bras comme appui.
 
 

TEST À CHEVILLES ET 9 TROUS (9-HPT)

Le 9-HPT sert à évaluer le fonctionnement des bras et des mains. Dans ce test, la main dominante et la main non dominante sont mises à l’épreuve deux fois.

  1. Une planchette percée de 9 trous et accompagnée d’un petit bac renfermant 9 chevilles est placée sur la table devant le patient assis.
  2. Une fois le chronomètre mis en marche, le patient doit prendre les chevilles une à la fois et les mettre dans les trous le plus rapidement possible, en utilisant uniquement la main testée.
  3. Une fois toutes les chevilles placées dans les trous, le patient doit les retirer une par une et les remettre dans le contenant aussi rapidement que possible.
Le score noté est le temps total que prend le patient pour terminer la tâche (placer puis retirer les chevilles, deux fois avec chaque main). 

Diagnostic rapide et exact

Il est important de diagnostiquer la SEP correctement et promptement pour de nombreuses raisons :

  1. Pour écarter les doutes :
    Si une personne présente des symptômes inhabituels et inquiétants, le fait de savoir pourquoi peut être rassurant. Le diagnostic permet aussi au patient de commencer à s’adapter et aide à dissiper l’inquiétude d’être atteint d’autres maladies, telles que le cancer.

  2. Pour administrer les tests et le traitement appropriés :
    L’étude des antécédents médicaux du patient l’examen neurologique sont essentiels au diagnostic. Étant donné que des dommages neurologiques permanents peuvent survenir même aux premiers stades de la SEP, il est très important d’établir le diagnostic afin de pouvoir instaurer les options thérapeutiques appropriées le plus tôt possible dans l’évolution de la maladie.

  3. Aux fins de documentation :
    Le diagnostic de SEP doit répondre aux critères de dissémination des lésions dans le temps (formation de lésions à divers moments) et dans l’espace (observation de lésions dans au moins deux régions différentes du SNC).
La confirmation d’un diagnostic de SEP tarde parfois à venir. Il importe aussi de se rappeler qu’aucun examen à lui seul ne permet de diagnostiquer la SEP, et que le diagnostic de SEP ne peut être posé qu’une fois écartées les autres causes possibles des symptômes observés.

Échelles d’évaluation de la SEP

L’échelle EDSS (Expanded Disability Status Scale, échelle étendue d’incapacité de Kurtzke) est un outil utilisé pour évaluer les capacités physiques et mentales. Un examinateur formé, comme un médecin ou un neurologue, procédera à l’examen pour évaluer les capacités générales. Il pourra aussi recourir au score des symptômes fonctionnels pour évaluer des domaines particuliers, notamment les fonctions visuo-sensorielles et le fonctionnement des intestins et de la vessie.

L’échelle EDSS est une échelle d’évaluation clinique basée sur le jugement de l’examinateur, où le score varie de 0 à 10 et s’échelonne en paliers d’un demi-point.

Le score augmente plus la capacité du patient est altérée.

 

Tout changement dans les symptômes doit être abordé avec le médecin.

Outils

Pour diagnostiquer la SEP, les médecins peuvent recourir à plusieurs tests différents, car il n’existe pas d’examen permettant à lui seul de poser le diagnostic. Les tests aident les médecins à écarter d’autres maladies pour arriver, par élimination, au diagnostic.

Les principaux tests utilisés sont :

Examen neurologique

C’est l’une des premières tâches que le médecin effectuera pour déterminer si une personne est atteinte de la SEP. L’examen évalue la cognition, la coordination, la force, la vision, l’audition et les autres sens du patient.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

L’IRM représente à l’heure actuelle le moyen le plus précis et le moins effractif d’obtenir des images du cerveau, de la moelle épinière et d’autres régions du corps. Grâce à l’IRM, il est possible d’évaluer la progression sous-jacente de la SEP. L’IRM est l’outil privilégié pour diagnostiquer une SEP et pour en surveiller la progression.

Évaluation des potentiels évoqués

L’évaluation des potentiels évoqués mesure l’activité électrique du cerveau et permet de déterminer si les voies nerveuses sensorielles fonctionnent correctement. Cette technique permet de détecter tout dommage infligé aux nerfs, surtout si le changement est subtil, n’ayant pas été perçu par le patient ou dans le cadre d’un examen neurologique.

 

L’évaluation des potentiels évoqués est très utile quand les résultats de l’IRM sont étonnamment normaux ou à peu près. Aucune aiguille ou injection n’est utilisée et il n’y a pas de rayonnements, ce qui permet de procéder sans danger à l’évaluation, même pendant la grossesse.

Examen du liquide céphalorachidien (LCR)

Le LCR est un liquide limpide et incolore qui entoure le cerveau et la moelle épinière.

 

Bien que le rôle principal du LCR soit de protéger le cerveau dans le crâne et d’amortir les chocs, le LCR sert également à distribuer les nutriments et les substances chimiques filtrés depuis le sang et à débarrasser le cerveau des déchets.

 

Chez les personnes atteintes de SEP, ce liquide présente des changements spécifiques qui reflètent la présence d’une inflammation.

 

 

Le rôle important de l’IRM

L’IRM aide les patients à planifier les prochaines étapes.

 

Les techniques d’imagerie par résonance magnétique ont eu au cours des deux dernières décennies des répercussions importantes sur la compréhension de la SEP. Les lignes directrices pour l’imagerie dans le cas de la SEP sont divisées sommairement en deux approches, soit l’imagerie des patients chez qui l’on soupçonne une SEP ou l’imagerie des patients chez qui l’on surveille une SEP avérée.

COMMENT ÇA MARCHE :

L’IRM utilise un aimant de très grande taille, des ondes radio et un logiciel informatique pour créer des images à deux dimensions de l’intérieur du corps. Le test exige que le patient demeure allongé dans l’appareil d’IRM pendant 15 à 30 minutes.

L’appareil d’IRM produit un son unique (frappements forts et rapides) qui peut surprendre certaines personnes si elles ne sont pas prévenues. Un(e) technicien(ne) accompagne le patient pour lui expliquer à quoi s’attendre et pour répondre à ses questions.

Certains patients ont l’impression d’être à l’étroit quand ils sont dans l’appareil d’IRM. Les personnes qui ont de la difficulté à rester dans un espace clos peuvent en parler au préalable avec leur médecin.

 

UTILISATION DE PRODUITS DE CONTRASTE :

Un examen par IRM demande parfois l’utilisation de produits de contraste, des substances employées pour améliorer les images des organes et des tissus. Ces produits sont souvent utilisés pendant l’examen par IRM pour bien visualiser certains types d’activité de la SEP.

 

LES AVANTAGES DE L’IRM DANS LE CAS DE LA SEP :

L’examen par IRM a amélioré la capacité de diagnostiquer la maladie, pemettant ainsi de commencer la recherche d’un traitement plus tôt.

Puisque l’IRM est également un outil qui permet de suivre la progression de la maladie, elle permet aux patients de prendre des décisions éclairées quant aux options thérapeutiques en fonction de la progression observée.

LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT PRÉCOCES SONT IMPORTANTS POUR LIMITER L’IMPACT DE LA SEP, POUR AIDER À MAÎTRISER LES PREMIERS SYMPTÔMES ET POUR PRÉVENIR UNE NOUVELLE POUSSÉE DE MALADIE ACTIVE.

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